Correction de marché?

La bourse de Paris a traversé un mois d’octobre agité, sans que l’on puisse évoquer une remise en cause fondamentale.

« Octobre 2018 n’est pas octobre 2008, pas non plus octobre 87 et encore moins octobre 1929, quand les mouvements avaient été d’une ampleur bien plus forte. Voilà le message des gérants et des experts : pas de remise en cause fondamentale des équilibres de la croissance mondiale, mais une correction qui peut apparaître légitime après une révision à la baisse des perspectives de croissance dans les grandes régions du monde.

A l’arrivée, les secousses sont néanmoins réelles : sur 30 jours le CAC40 a perdu 9.59%, soit plus de 600 points, enfonçant les seuils des 5.500 puis des 5.000 points. La perte est du même ordre pour l’indice élargi de la cote parisienne, le SBF120 qui s’est replié de 9,4% sur ces derniers 30 jours. Une amplitude que l’on retrouve sur les autres places européennes : -8,5% à Francfort, -6% à Londres, et c’est évidemment le marché leader, la bourse de New York qui a montré la voie : le Dow Jones a perdu 6.7% sur le mois, le Nasdaq, lui, est entré dans le ce que les techniciens appellent une « zone de correction », plus de 10% de contraction, 10,9% exactement, avant la toute dernière séance du mois

Les technologiques sanctionnées

Les technologiques, justement, c’est le secteur le plus touché au cours de ce mois d’octobre. Après un été faste, après avoir expédié le Nasdaq au-delà des 8.000 points et Apple comme Amazon à 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière, les investisseurs ont commencé à se poser la question d’une éventuelle surévaluation de ce secteur. L’autre phénomène, qui touche aussi le luxe à Paris, c’est que les investisseurs veulent retrouver de la souplesse face aux turbulences, ils vendent donc légitimement les valeurs qui leur ont déjà apporté la performance qu’ils espéraient.

Un octobre rouge sur les marchés – 31/10

A Paris, des groupes technologiques comme Atos ont dévissé de 29,5%, Dassault Système a décroché de 18% et STMicroelectronics de 19,6%. Capgemini fait presque figure de rescapé avec une baisse d’un peu moins de 5%. Autre secteur très bousculé: le luxe, poids lourds de la cote à Paris: -12% pour Hermès, -15% pour LVMH, -19,7% pour Kering. Des groupes qui vendent beaucoup à l’international et qui ont souffert des inquiétudes nées de la guerre commerciale entre Washington et la Chine. Un bras de fer sur les tarifs douanier qui a également pesé sur l’automobile : Renault a perdu plus de 11% sur les 30 derniers jours et Peugeot s’est tassé de 9%, Valeo a dévissé de 27%.

Et puis dans l’actualité, il y a aussi eu le dossier du budget italien, celui du Brexit : des crises qui posent la question de l’exposition du secteur bancaire à une potentielle crise économique et politique dans la zone Euro, Société Générale a dévissé de 12,3% et BNP Paribas a perdu un peu plus de 11%. Seuls rescapés de ce mois d’octrobre sur le CAC40: Carrefour (+3,6%), Veolia (+3,1%), Orange (+0,6%).

Les investisseurs vont sans doute voir arriver novembre avec soulagement. Décembre plus encore, l’une des grandes séquences classiques des marchés financiers c’est le « rallye de fin d’année », encore faudra-t-il, d’ici là, avoir surmonté beaucoup d’incertitudes »

Bourse : bilan d’un mois d’octobre de correction

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